Sarah Daninthe : de la médaille olympique au produit

Tous les mois, on met en lumière le produit dans toute sa diversité. Aujourd’hui, partons à la découverte d’une Product Manager experte en Growth qui est également… médaillée olympique d’escrime aux JO d’Athènes en 2004 ! Mais aussi impliquée dans l’asso Premiers de Cordée (animations sportives pour les enfants hospitalisés), l’ONG Freedom Butterflies ou une école de code pour les jeunes filles, en cours de création. Quelle personnalité Sarah Daninthe !

Salut Sarah. D’où te viens cette passion pour la tech ?

Sarah Daninthe : Il y a des signes qui ne trompent pas : quand j’ai découvert Internet, j’étais comme une dingue ! Je n’en dormais plus la nuit (rires). Cela me bluffait en fait. Et plus je m’y intéressais, plus je découvrais son potentiel. Je me suis toujours dit que c’était une façon de changer le monde. 

Il faut savoir qu’en escrime, on s’entraîne comme des pros, mais cela reste un sport amateur. Tu sais qu’il faut que tu fasses des études pour t’en sortir. Surtout que, si tu te pètes un truc, tu n’as plus rien du jour au lendemain. Même si j’ai fait un master en marketing, j’ai toujours vu ma reconversion dans le numérique. Je l’ai d’ailleurs anticipé pendant ma carrière. 

Je suis allée à mon école préférée : Youtube ! J’ai bouffé des vidéos en français ou en anglais et j’ai appris comme ça sur le tas. 

Et comment as-tu découvert le produit ?

S.D. : En fait, j’ai toujours voulu comprendre comment fonctionnaient les choses. Et pourquoi telle entreprise faisait tel ou tel choix. J’ai pas mal  d’applis dans mon téléphone que je télécharge juste pour les tester et voir comment elles évoluent au gré des mises à jour. Avec toujours un regard critique en mode « Tiens, moi je n’aurais pas fait le parcours utilisateur comme ça » ou “Pourquoi avoir sorti cette fonctionnalité plutôt qu’une autre?”. 

Et peu de temps après le premier confinement, je me suis rendue compte que tout cela avait un nom : le product management. Et que c’était un vrai taf ! Ce que j’aime là-dedans, c’est que tu représentes le client et que tu peux influencer la direction d’un produit en conséquence. Notamment sur les questions de diversité. Je suis une femme. Je suis noire. J’ai donc des choses à partager.

T’as un exemple d’appli que tu as bien aimé / pas aimé dernièrement ?

S.D.: Il y a plusieurs apps que j’aime bien. Je prendrai très certainement l’appli R-Pur. R-Pur est une startup qui commercialise des masques anti-pollution haut de gamme.

Leurs masques permettent de respirer un air pur en filtrant les particules et gaz toxiques, les particules fines/diesel, les pollens, les virus ainsi que les bactéries présentes dans l’air.

Le masque est couplé à une application mobile, qui grâce à leur algo utilisant la big data de la pollution de l’air, nous permet de suivre en temps réel l’usure du filtre pour le remplacer au bon moment.

La proposition de valeur est bien respectée et l’app tourne bien autour du cœur du produit. L’onboarding est sous forme de tuto, assez bien expliqué et la time to value est puissante. J’aime bien le design épuré de l’app. Très bonne UX et le flow est naturel et clair.

Sur ta home page, tu as ton dashboard avec la qualité de l’air autour de toi (index de qualité de l’air, particules en suspensions, carbone, azote..). Tu définis l’activité que tu vas pratiquer, marche, vélo, course, moto. Pratiquant un peu la course à pied c’est bon de savoir à l’avance si c’est vraiment la meilleure activité à ce moment ou si l’app te conseille une autre activité. Pareil pour le vélo, la marche et surtout la moto. Je ressens beaucoup la pollution sur le périphérique et du coup je fais le choix de prendre mon masque anti-pollution sous mon casque de moto ou pas.

Pour rappel, la pollution cause 48 000 décès en France et plus de 5.5 millions dans le monde.

Tu as voulu suivre la formation Noé. Pourquoi ?

S.D. : J’ai découvert Noé un peu par hasard sur le Web. J’ai donc fait ce que je fais souvent : j’ai appelé des anciens participants.

Et alors là, à chaque fois que je raccrochais, je me disais : soit ils sont tous drogués et font partie d’une secte, soit ils ont des actions dans la boîte ! Ils avaient tous kiffé. Je trouvais ça bizarre. Et il s’avère que je ne suis pas droguée et que je n’ai pas d’actions dans Noé… et je confirme que l’aventure humaine est juste énorme ! Je pense même que je ne pourrais plus suivre de formations en physique qui soient différentes de ce modèle. 

Tu regardes pour un job dans le produit maintenant ?

S.D.: J’ai en effet été contactée par des startups qui me plaisaient pas mal, dans l’éducation, dans la data ou avec un impact environnemental. Noé ouvre vraiment l’accès au monde produit. Je suis actuellement en discussion…

As-tu encore un lien avec le sport ?

S.D.: J’ai fini ma carrière, il y a 7 ans, sur un accident de voiture à la con. J’ai eu besoin de couper avec l’escrime et les équipes de France. Mais je suis toujours en contact avec des athlètes de tout sport . Ceux avec qui j’ai bien fait la fête notamment !

Je viens tout juste d’avoir l’autorisation médicale de refaire du sport et je fais désormais tout ce que je n’ai jamais osé faire par trouille ou qui m’était interdit pendant ma carrière : du rafting, du VTT de montagne, du parapente, bientôt le saut en parachute et circuit moto… Je me sors clairement de ma zone de confort.

Bon, on va un peu parler escrime quand même dans cette interview. Est-ce que tu peux nous raconter ta relation avec Laura Flessel qui fut ton idôle puis ta coéquipière voire une mentor, en plus d’être guadeloupéenne comme toi ?

S.D. : Avec Laura, on se connaît depuis que j’ai 5 ou 6 ans. On a 9 ans d’écart mais elle s’entraînait avec mes frères. Elle m’a quasiment changé les couches. 

Elle a en effet vraiment été un modèle pour moi. On vient toutes les deux de la Guadeloupe, d’une famille pas très aisée, on a vraiment morflé pour atteindre nos objectifs. Mais c’est surtout la première épéiste médaillée d’or olympique. Ce jour-là, elle m’a clairement envoyé le message que c’était possible. Le jour de son titre olympique, je me suis dit : « Je vais être médaillée olympique ». Pas « J’aimerais être ». « Je vais être ». Je la remercierai à vie de m’avoir ouvert le champ des possibles. 

Par contre, je ne parlerais peut-être pas de mentor. Elle en a chié pour y arriver. Moi aussi j’en ai chié. Et je trouve dommage qu’il n’y ait pas eu plus de partage pour éviter que j’en chie autant. C’était moins la culture à l’époque et c’est pour ça que je m’investis autant aujourd’hui auprès des jeunes. Je me rappelle ma première année à l’internat, c’était l’horreur. Tu es à 8 000 km de chez toi, tu quittes ta famille du jour au lendemain…

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Est-ce qu’on te parle souvent de ton passé de sportive de haut niveau ?

S.D. : Personnellement, je n’en parle pas spécialement mais les gens sont curieux. Et c’est sûr qu’on me demande très souvent : C’était comment les Jeux ? Qu’est-ce que t’as vu ? Est-ce que c’est vrai que c’est un baisodrome ? 

Le seul truc qui me dérange, c’est quand les gens changent de comportement et me regardent différemment quand ils l’apprennent. Ça me fait chier car je suis la même. 

Quels sont les moments forts qui te reviennent des JO d’Athènes ?

S.D. : Oh… L’arrivée au village, la salle de compet’, le podium, la fête… Il y a un truc que je n’oublierais jamais : boire une bière avec Donovan Bailey (double champion olympique du 100m) et Carl Lewis (légende de l’athlé). J’étais à la maison du Canada – ils étaient bien fêtards eux aussi là-bas (rire), je suis sortie pour boire une bière et ils se sont assis à côté. J’ai aussi croisé quelques membres de la Dream Team de basket et moi qui suis une grand fan de NBA, c’était ouf !

On a l’impression que tu as beaucoup fait la fête à t’entendre ?

S.D. : Il faut bien voir que les Jeux, c’est toute une vie de préparation, 4 ans de sélection et beaucoup de pression avant et le jour J, voire après. Vous avez compris que j’étais une fêtarde… Donc quand on a eu notre médaille, on a fait 4 mois de fêtes derrière !

En commençant par Athènes. On sortait le soir, on mangeait un truc et au petit matin, on allait encourager d’autres athlètes. On se douche dans leur vestiaire, on fait une sieste et on repart pour la soirée. C’était le rythme !

Et ta médaille, tu l’as rangée où ?

Elle est dans mon placard avec les autres médailles importantes. Celles des mondiaux et celle en tant que Chevalière Nationale du Mérite. Mais ayant déjà vécu un cambriolage il y a des chances qu’elles partent au coffre bientôt 🙂

On termine toujours avec un petit questionnaire à la con. Aujourd’hui, on aborde la thématique escrime & Tech. Tu es plutôt (pardon d’avance) :

JO ou Java ?

S.D. : Je suis restée fêtarde donc…Grosssssse java aux JO 😬😬

API ou épéiste ?

Difficile ce choix, car Zappier, Integromat et Phantombuster sont mes meilleurs potes…je choisis épéiste quand même, car ça a changé ma vie.

Growth hack ou gros sabre ?

Growth hack. 

Erreur 404 ou Athènes 2004 ?

Aaahaahh Athenes 2004.

HTML ou acheter un masque ?

Aucun des deux. Le masque c’est une autre vie, pleinement vécue. HTML, ça date aussi. Je répondrai low/no-code si ça passe.

Product Ops ou Parade Riposte ?

Ops.

En cache ou en garde ?

En garde bien entendu. Toujours prête on ne sait jamais ce qui peut se passer.

IP ou épée ?

Epée toujours 💪🏾


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