Belle surprise de l’an passé, l’AI Product Day, la conférence dédiée à l’IA pour les équipes produit, était de retour le 23 mars dernier. Avec toujours autant de fraîcheur et de pragmatisme. Découvre nos moments forts de la journée.

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📌 TL;DR – Le sommaire et résumé des confs du matin de l’AI Product Day 2026 :
(clique pour accéder directement au talk)

1- Notre ressenti global
2- L’ouverture poétique (et prophétique) : “Ce n’est pas l’électricité qui a bouleversé l’humanité, c’est l’électrification du monde”
3- La leçon de pragmatisme de Pennylane : Mettre de l’IA dans son produit… en s’inspirant simplement de ses outils internes !
4- “L’ambition ? Que l’ensemble des Product Managers déploient en production d’ici la fin de l’année” (CPO de leboncoin)
5- LA question de 2026 : “Et toi, c’est quoi ton personal OS ?”
6- “Reverse User Discovery” : La bascule totale de la Discovery avec l’IA générative
7-  L’aperçu rapide de tout ce que l’IA a changé en un an
8- Ce n’est pas parce que le “comment construire” est résolu que les vrais problèmes du produit, le “quoi construire” et “pour qui”, le sont également
9- De “Powered by AI” à “AI Native” : le virage radical de PlayPlay (que l’on risque de beaucoup constater cette année)
10- Les évaluations vont devenir le nouvel avantage compétitif d’un produit IA à l’avenir (et l’une des tâches principales des Product Managers) 
11-  “Avec l’IA, notre boulot de Product, c’est de recréer de la stabilité”. L’exemple (impressionnant) du nouveau produit Text-to-Insights de Spotify
12- Chez BackMarket, les fonctionnalités IA avant tout au service des OKR stratégiques
13- Pour ne pas être le nouveau goulot d’étranglement, les Product Managers doivent augmenter leur productivité et concevoir leur propre “Personal OS”

L’essai est transformé. Après la belle surprise de la première édition de l’an dernier, l’AI Product Day a pleinement confirmé son statut naissant de conférence de référence en France sur l’IA et le produit.

ai-product-day-2026

Certes, rappelons notre léger biais en tant que partenaire de l’événement. Mais il faut reconnaître aux organisateurs, le cabinet Hymaïa accompagné de la communauté AI Discipline, un certain brio d’avoir préservé les ingrédients de la réussite de l’année passée.

À savoir :

  • la qualité et la densité des interventions (une trentaine pour une quarantaine de speakers),
  • l’accent mis sur les retours d’expérience concrets
  • et une ambiance rafraîchissante, dans une cadre bucolique, la cité internationale universitaire de Paris

Le double de participants

Tout en gommant les points négatifs remontés en 2025 : moins de discours en anglais (qui ont pu nuire à la qualité du propos l’an dernier… alors que l’immense majorité de l’audience est francophone) et plus de grands groupes.

Et tout en doublant le nombre de participants (près de 650 pour cette édition qui affichait complet).

Voici la première partie de notre synthèse de la journée, à commencer par un petit mot sur la vibe globale.

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Back to school

1- Notre ressenti global de l’AI Product Day 2026

Pour essayer de te plonger dans l’ambiance du moment, voici quelques ressentis de la journée, étayés par nos discussions avec des dizaines de personnes sur place :

IA des femmes !

Qui a dit que l’IA était un truc de bros ? Sur scène, 22 femmes pour 15 mecs. Un ratio encore plus élevé sur la scène principale ! Loin d’être anecdotique à nos yeux (mince, on va se faire traiter de woke 😅).

Au revoir les RAG, bonjour les Personal OS

Assez étonnant de voir la différence de sujets d’une année sur l’autre. Comme un symbole de la vitesse à laquelle les choses évoluent en matière d’IA.

Les RAG (Retrieval-Augmented Generation) répétés à l’envi l’an dernier ? Quasi portés disparus cette année. Comment mettre de l’IA dans le produit ? Beaucoup moins le focus pour cette année.

Les thèmes qui les ont supplantés:

  • la productivité interne grâce à l’IA
  • le passage à l’échelle de l’IA dans son organisation
  • la notion de Personal OS (voire de company OS)
  • ou encore les évaluations

Le reflet des tendances du moment. Avec une impression générale : si 2025 était l’année de l’observation, 2026 semble celle de la réelle mise en action.

AI-Product-Day-organisation

“Je suis autant flippée qu’excitée”

Corollaire du point précédent : une forme d’ambivalence ressentie par les participants et participantes. D’un côté, une forme d’envie de tester (“en IA, on est tous junior de toute façon”). 

De l’autre, une impression lancinante d’être à la ramasse, saoulé par le FOMO permanent de Linkedin, voire la peur de voir son métier disparaître (du moins tel qu’on le connaissait et parfois aimait l’exercer).

Les coûts, le grand absent de la journée

Comme l’an passé, ça a très peu parlé pépettes sur scène. Notre hypothèse : les organisations sont encore en phase d’exploration du sujet et sont peu regardantes sur la dépense pour ne pas brider la créativité. En résumé, ça crame allègrement du token pour le moment. 

L’autre grand absent ? Le coût écologique – constaté aussi par Matthieu Allemand de FranceTV.

Un double sujet qui reviendra assurément sur la table à un moment donné.

La fonction produit est le nouveau goulot d’étranglement

Une expression (“bottleneck” en VO) entendue à plusieurs reprises au cours de la journée. En lien avec l’émergence fulgurante de Claude Code depuis la fin de l’année dernière qui a bouleversé le dev’. Et le rapprochement progressif des rôles au sein des équipes produit ?

Tu veux d’autres ressentis ?

Voici ceux de la communauté : Marion, Marie, Coralie, Marion, Thaddée, Marion, Marie-Valentine, Chantal, Théliau, Matthieu, Julie, Camille, Houda, Victoria, Loick, Delphine… entre autres !

2- L’introduction poétique (et prophétique) de l’AI Product Day 2026

💡 Le message clé : Ce n’est pas l’électricité qui a bouleversé l’humanité, c’est l’électrification du monde. Cela sera pareil pour l’IA.

Jouons pour commencer. 

Voici une partie du discours d’ouverture de la journée lu par Rémi Guyot, le cofondateur de la communauté AI Discipline. À toi de deviner son auteur.

Remi Guyot AI Discipline AI Product Day 2026
Source : Hymaïa

“Jamais l’avenir n’a été si difficile à imaginer. En quelques dizaines d’années, nous avons créé et bouleversé tant de choses que le présent nous apparaît comme une période sans précédent, et sans exemple. Un conflit entre des choses qui ne savent pas mourir et des choses qui ne peuvent pas vivre. Le monde est devenu méconnaissable aux yeux de ceux qui ont assez vécu pour l’avoir vu bien différent.

[…]

Aujourd’hui, nous avons le privilège – ou le grand malheur – d’assister à une transformation profonde, rapide, irrésistible, de toutes les conditions de la vie humaine. Elle amorce un avenir que nous ne pouvons absolument pas imaginer. C’est sans doute là la plus grande nouveauté. Nous ne pouvons plus déduire de ce que nous savons un futur auquel croire.

Les États-Unis sont un vaste laboratoire où se poursuivent des essais d’une ampleur jusqu’ici inconnue ; on tente de façonner un homme nouveau, de faire une économie, des mœurs et des croyances nouvelles. On voit partout des moyens matériels d’énorme puissance, engendrant des modifications à l’échelle mondiale. Ces modifications inouïes se sont imposées sans ordre, sans frein et surtout sans égard à la nature vivante, à sa lenteur d’adaptation

[…]

Les adultes de demain sont les enfants et les adolescents d’aujourd’hui. Mais notre enseignement doit considérer qu’il s’agit de faire d’eux des personnes prêtes à affronter ce qui n’a jamais été. […] Ce n’est pas tant la quantité du savoir qui importe, que la part que vous lui donnez en vous. Un peu de savoir, et beaucoup d’activité de l’esprit, voilà l’essentiel.

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Alors ? Yann LeCun ? Emmanuel Macron ? Patrick Fiori ?

Non : l’écrivain Paul Valéry dans Toute pensée a son port d’attache, un discours prononcé devant les élèves de son ancien collège de Sète en… 1935 ! En pleine montée des totalitarismes.

Un texte, déniché par Rémi Guyot par le plus grand des hasards un week-end dans une librairie normande, quelques semaines avant l’IA Product Day, qui résonne de manière assez incroyable avec notre époque. À la différence près que la révolution dont parle Paul Valéry ici, c’est l’électricité.

“Mais ce n’est pas l’électricité qui a bouleversé l’humanité, c’est l’électrification du monde. C’est-à-dire le travail invisible et incrémental de milliers de personnes qui ont trouvé des cas d’usages à cette nouvelle technologie et qui les ont mis en œuvre. C’est pareil pour l’IA, conclut l’ex CPO de BlaBlaCar et co-auteur de Discovery Discipline. La technologie de rupture est là. Et les personnes qui vont libérer son potentiel, qui vont innover incrémentalement en trouvant des cas d’usages, c’est… vous”.

Un coup de boost fructueux en cette entame de journée.

3- La leçon de pragmatisme de Pennylane : Mettre de l’IA dans son produit… en s’inspirant simplement de ses outils internes

💡 Le message clé : Tes outils IA sont parfois les meilleures sources d’inspiration pour développer de nouvelles expériences IA dans ton produit.

“Moi, je m’appelle Lya. Je tiens à signaler qu’il s’agit de mon vrai prénom, mes parents ont été visionnaires !”. Moment cocasse au début de l’intervention de Audrey Hacq (Product Design Manager) et Lya Akgun (Product Designer GenAI) de Pennylane.

D’autant que Lya fait justement partie de la nouvelle squad IA dédiée, au sein de la scale-up de compta. Son objectif ? Fournir des solutions IA sur étagère afin d’aider le reste des équipes à devenir autonomes sur le sujet.

AI-Product-Day-Pennylane

Le point marquant à retenir : c’est en utilisant des solutions IA pour leur productivité interne que l’équipe découvre des idées de fonctionnalités à intégrer dans le produit !

Premier exemple. Pennylane utilise Notion comme base de données pour centraliser ses recherches utilisateurs, ses roadmaps ou encore les feedbacks qualitatifs reçus. Grâce à la nouvelle fonctionnalité Notion IA, les équipes peuvent accéder rapidement à des synthèses personnalisées, au lieu d’avoir à se farcir toute la base. Illustration de requête : “Quelles sont les fonctionnalités les plus demandées par les utilisateurs lors du dernier trimestre ?”

Et là, on s’est dit : Attends, nos comptables ont aussi ce même problème d’accès à la donnée. Est-ce qu’on ne pourrait pas faire pareil ?”, indique Lya.

Résultat : depuis quelques semaines, Pennylane permet aux comptables de générer automatiquement le rapport financier de leurs clients, un document qui recense les données comptables clés d’une entreprise et qui était un vrai calvaire à synthétiser jusque-là.

Deuxième exemple. Pennylane se sert de Linear comme outil de gestion de projet. Pour résoudre le problème de navigation dans des tableaux complexes, ce dernier vient de lancer un filtre IA, qui permet de filtrer des vues spécifiques juste en faisant une requête en langage naturel.

Une inspiration évidente pour la licorne française qui teste actuellement cette fonctionnalité dans son produit. 

Pourquoi vouloir sans cesse essayer de réinventer la roue alors que les meilleures solutions sont parfois sous nos yeux ?

AI Product Day Pennylane 2026
Crédit : Hymaïa

4- La phrase du CPO de leboncoin : “L’ambition ? Que l’ensemble des Product Managers déploient en production d’ici la fin de l’année”

💡 Le message clé : Avec l’IA, il faut revoir en profondeur la façon de faire du produit (et les métiers qui y participent).

La vraie transformation est interne. L’IA change la manière dont on construit les produits. Et contrairement à ce que l’on peut voir sur Linkedin, cela ne se fait pas en un jour…”. 

Lors de La Product Conf de l’an passé, Martin Berthonneau, le Chief Product Officer de Leboncoin, avait exclusivement évoqué l’intégration de l’IA dans le produit de la place de marché aux 31 millions d’utilisateurs uniques par mois.

Reflet de la tendance du moment, il a cette fois évoqué essentiellement la montée en compétences des équipes. En rappelant quelques standards : simplification de présentations ou recherche utilisateurs avec Notebook LM, maquettage avec Google Stich ou Figma Make, agents CustomGPT pour faire des designs review, du copywriting ou accéder à la data.

Aussi, pour décharger les Data Scientists et Machine Learning Engineers, il a donné la main aux Product Managers sur la partie prompting grâce à l’outil Langsmith. Mais le plus intéressant surement concerne l’avenir.

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En 2026, nous repensons le métier de Product Manager. L’ambition ? C’est que l’ensemble des PM puissent déployer en production d’ici la fin de l’année”, lance-t-il.

En commençant évidemment par des modifications simples : UI, wording, AB Test, Fake door… Grâce à Claude Code pour le moment. Même si, demain, Martin voit une automatisation plus accessible directement depuis Slack. Un changement qui dépasse évidemment la seule fonction produit.

“On est actuellement en train de repenser toute la façon dont on fait du développement software”, confirme Martin. Mutation en cours.

5- La vérité sort (parfois) de la bouche des agents IA

Passage ironique dans la conférence de David Serrault, Directeur Design du groupe BPCE sur le design d’interactions hommes – IA. Ce dernier évoque les questions posées à un agent IA qu’il est difficile d’anticiper sur un portail bancaire, comme… “Comment devenir riche ?”

“Faut-il une réponse honnête ? Faut-il faire de l’humour ? Faut-il être pédagogue ?”, se demande alors David.

Car si l’agent est configuré pour répondre honnêtement, il va dire… « être héritier » 😅

6- LA question de 2026 : “Et toi, c’est quoi ton personal OS ?”

💡 Le message clé : ‘Le premier réflexe du matin n’est plus d’ouvrir ses mails ou son Slack mais… son terminal (Claude Code)’

C’est en tout cas notre prédiction, à la suite des deux dernières interventions de la journée consacrées à ce thème du “Personal OS”. Ou comment s’augmenter personnellement avec l’IA.

Une heureuse complémentarité : la première conf’ se base sur le témoignage d’une CPO novice et non tech – une révélation. La deuxième, sur celui d’un Senior PM (très) avancé qui œuvre à passer son propre OS à l’échelle de son orga – une claque.

Évoquons ici le premier discours. Avant d’aborder en détails, plus bas, le second pour les personnes qui veulent aller plus loin.

“J’utilise tous les jours Git, Obsidian, Python… et pourtant je ne sais pas coder !” – Julie Prieur (Poppins)

Julie Prieur, Chief Product & Operations Officer de Poppins, l’application de jeux vidéo pour aider les enfants dyslexiques lauréate d’un Product Awards, le concède volontiers : elle n’y connaît rien du tout en code. Un terminal ou des fichiers de config ? Des “trucs de devs”.

Sauf qu’aujourd’hui, son quotidien c’est Github, Snowflake ou Python. Son premier réflexe du matin : lancer son Claude Code.

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« J’avais besoin d’un coach, d’un chief of staff, d’un Data Analyst… Mais je ne pouvais pas me les offrir. Alors je les ai construits moi-même », Julie Prieur (Poppins) – Crédit : Hymaïa

L’outil d’Anthropic est pour elle le vrai moment de bascule. “Avant, j’utilisais ChatGPT qui est un peu comme un consultant qui ne sait rien de l’entreprise en arrivant. Claude Code a tout de suite accès à toutes les infos. Je ne pose plus une question à l’IA : j’ai un système qui travaille avec moi”, explique-t-elle.

Le plus surprenant ? La vitesse à laquelle son quotidien a changé. 3 semaines.

Le 25 janvier, la tête sous l’eau, elle se crée un assistant pour l’aider à prendre du recul sur ses priorités. Puis, au fur et à mesure, elle connecte des MCP, lui donne accès à son Slack, son Gmail, son calendrier et multiplie les Skills (des expertises opérationnelles apprises à une IA).

“J’avais besoin d’un coach, d’un chief of staff, d’un Data Analyst… Mais je ne pouvais pas me les offrir. Alors je les ai construits moi-même. C’est l’avantage d’une startup : on n’a pas d’argent donc on se débrouille !”, assure-t-elle, avec son énergie débordante et communicative.

3 exemples de cas d’usage avec Claude Code

Illustrations concrètes.

1er cas – “Jarvis”, c’est le petit nom de son simili chief of staff. Elle lui donne ses entretiens annuels 360 et il lui fait des recommandations voire la challenge sur sa posture.

“Ce n’est pas magique pour autant, ça plante, précise-t-elle. Sauf qu’avant, on allait demander à un collègue ou on allait regarder sur des forums. Là, Claude est encore là. Tu peux lui demander de t’aider à comprendre le problème. Tu n’es plus seule face à l’erreur”.

“Je ne comprends pas, ça marchait hier”. Réponse de Claude : “Ah oui, c’est vrai la table a changé de nom hier. Je corrige et je relance !”

2e cas : la skill /rapport. 475 lignes Python, 12 requêtes SQL… pour produire un rapport de monitoring tous les matins sur Slack consolidant les indicateurs clés de l’activité de la veille. Ce qu’elle n’avait pas auparavant, sans équipe data.

“Je ne savais pas comment le faire mais je savais ce que je voulais. Cela m’a pris quelques itérations et c’était hyper facile”, confie-t-elle.

3e cas, la skill /vital qu’elle lance tous les matins. Cette dernière regarde les réunions de sa journée et lui demande son niveau d’énergie. Puis, elle : 

  • l’aide à préparer ses réunions
  • challenge ses priorités (“pourquoi tu vas à cette réunion ?”)
  • lui dit si elle a des mails ou des messages Slack non lus importants
  • lui fait des recos d’ajustements d’agenda si elle n’a pris une grande énergie

“La dernière fois, il m’a même rappelé que je devais faire un point avec une personne avant qu’elle parte en vacances à la fin de la semaine. Je l’avais oublié mais il l’a retrouvé en piochant dans un compte-rendu de réunion passée”, illustre-t-elle.

Une illustration de ce qui est possible de faire en quelques semaines sans compétence technique.

Une réinvention de l’organisation à l’échelle de l’entreprise

Yoann Benoit, le cofondateur du cabinet Hymaïa, organisateur de l’AI Product Day, conclut l’intervention par une prise de recul prospective. 

Pour lui, le premier réflexe du matin n’est plus d’ouvrir ses mails ou son Slack mais… son terminal et Claude Code. Et tout y faire, sans changer de fenêtre ni d’outil. “Ça peut faire peur mais cela reste juste du langage naturel”, rassure-t-il.

Pour lui, tout le monde peut ainsi créer son “Personal OS”, du contributeur individuel au leadership. Sans compétence technique.

L’étape suivante ? Le passer à l’échelle de l’organisation (“Company OS”) pour collaborer de manière plus efficace, en connectant l’ensemble des Personal OS individuels et en créant une sorte d’arborescence sur Claude Code.

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Bien entendu, ce nouveau type de fonctionnement n’est pas sans poser de grandes questions. La principale à nos yeux (et pour certaines personnes croisées par la suite également) : la sécurité des données. Surtout pour des boîtes européennes (comme d’hab, l’écosystème présenté ici est quasi exclusivement américain).

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Et maintenant ? À toi de tester !

Et de voir jusqu’où on peut aller… en consultant le témoignage de Lucas Cerdan qui s’est augmenté avec l’IA avec son Personal OS. Bluffant.

AI-Product Day Julie Prieur Poppins Yoann Benoit Hymaia

7- “Reverse User Discovery” : La bascule totale de la Discovery avec l’IA générative

💡 Le message clé : Avec l’IA conversationnelle, la discovery se fait directement en prod’.

Passages intéressants lors d’une table-ronde dédiée aux bouleversements quand l’IA devient le cœur du produit.

Traditionnellement, les Product Managers commencent par faire un MVP (produit minimum viable) afin de valider leurs hypothèses. Mais, avec l’IA, les phases de discovery évoluent radicalement. 

“C’est ce qu’on appelle le Reverse User Discovery, explique Céline Haentzler, experte produit GenAI chez Betclic, la plateforme de paris sportifs. Le côté conversationnel de l’IA générative permet de mettre entre les mains des utilisateurs un chatbot minimal dans le but de voir ce qu’ils font avec et quels pouvoirs ils vont lui donner”.

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De gauche à droite : Elsa Margier (Hymaïa), Emmanuelle Galou (Obat) et Céline Haentzler (Betclic)… qui regardent Thomas Moulin (Welcome to the Jungle) absent de la photo – Crédit : Hymaïa

Celle qui organise le GenAI Day à Rennes poursuit :

Cela renverse le paradigme. On prévoit désormais moins de choses en amont et on accepte d’apprendre beaucoup plus en aval”. 

Une démarche identique au sein du site de recrutement Welcome to the Jungle, qui a ajouté une fonctionnalité conversationnelle pour les recruteurs.

Plutôt que de passer du temps à chercher les questions qu’ils vont poser, on part très vite en prod’ pour voir ce qu’ils demandent réellement”, indique Thomas Moulin, son Lead Data Science & AI. 

Par exemple, c’est en observant ces usages que l’équipe a priorisé une fonctionnalité qui permet aux recruteurs de reformuler des messages à envoyer aux candidats. Quand les cas concrets supplantent progressivement les hypothèses.

Attention à l’angle mort de la responsabilité

Emmanuelle Galou, Chief AI Officer du logiciel de facturation pour les pros du bâtiment Obat (100 salariés), ajoute également un point important :

Dans un produit déterministe, il y a un responsable identifié quand il y a une erreur. Mais dans un cadre non déterministe, c’est un peu comme s’il y avait des parents mais que personne ne veut assumer la parentalité !”

Son message : il faut toujours clarifier la chaîne de responsabilité dans un produit IA. Pas un hasard si, chez Obat, tout le monde a très tôt dû mettre les mains dans l’IA. “Il fallait que l’équipe vive viscéralement l’IA avec ses erreurs. Afin que tout le monde se sente responsable de la production”. 

8- Les slides parlant de l’AI Product Day 2026, de Thomas Thieffry de Bpifrance

Une image vaut mille mots. Celles de Thomas Thieffry, le CPO de Bpifrance se passent quasiment de commentaires.

  • Slide 1 – Tout ce qui a changé en 1 an en matière d’IA

“L’an passé, à la même conférence, on parlait encore de RAG et d’agent au singulier. Mais ça, c’était l’an passé…” pointe-t-il, avec, en fond les 10 nouvelles tendances qui sont apparues depuis.

  • Slide 2 – Les nouveaux risques de l’IA pour une orga

Intéressant également de noter les nouveaux enjeux de l’IA sur tous les plans d’une organisation. 

  • Slide 3 – Le produit devient le nouveau goulot d’étranglement

“Ce talk sera sûrement obsolète bientôt mais ce dont je suis sûr, c’est que le produit, lui, ne le sera pas”, affirme Thomas. En concluant par 6 aspects qui vont changer dans la fonction à l’avenir (PRD vivante, artefact cliquable, test avec de la vraie donnée etc.).

AI-Product-Day bpifrance Thomas Thieffry

“Un de nos indicateurs importants est le time to evidence, le temps entre une idée et une preuve tangible de son intérêt avec des vrais usages”, ajoute-il. Une donnée qui a tendance à se réduire radicalement avec l’IA.

9- La punchline de l’AI Product Day 2026 : “Speed doesn’t fix stupid”

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Le point crucial abordé par Martin Felcman, VP Product & Design du logiciel Productboard ? Cette obsession pour la vitesse à l’ère de l’IA ne résout pas l’un des principaux problèmes au produit : la compréhension du marché et de ses clients.

Aller plus vite dans la mauvaise direction ne permet pas de se rapprocher de la destination. Au contraire, cela vous perd bien plus rapidement !”

Ce n’est pas parce que le “comment construire” est résolu que les vrais problèmes du produit, le “quoi construire” et “pour qui”, le sont également.

Saine prise de recul.

BONUS – Nos 5 coups de coeur de l’AI Product Day

Découvre enfin ci-dessous les interventions marquantes que l’on a traité en profondeur

De “Powered by AI” à “AI Native” : le virage radical de PlayPlay (que l’on risque de beaucoup constater cette année)

💡 Le message clé : Les Product Managers de produits “AI Native” ne sont plus dans les spécifications mais construisent directement le coeur de la valeur.

À quoi ressemblerait ton produit si tu devais le recréer de zéro aujourd’hui, à l’ère de l’IA ? PlayPlay, le logiciel B2B de création vidéo, a mené l’exercice en concevant un produit “AI Native”. L’occasion de découvrir, avec Pauline Marol sa CPTO, en quoi le métier de Product Manager évolue radicalement dans cette nouvelle configuration. Un aperçu du futur.

L’explication la plus pédagogique jamais entendue sur les évaluations, LA nouvelle compétence à développer des Product Managers

💡 Le message clé : Les évaluations vont devenir le nouvel avantage compétitif d’un produit IA à l’avenir (et l’une des tâches principales des Product Managers)

Tu ne sais pas (trop) ce qu’est une “éval”, la compétence clé à l’avenir pour concevoir des produits IA ? Voici LA ressource qu’il faut absolument consulter pour te former. Une leçon de pédagogie signée Calliste Duru, Founding Product de Basalt.

“Avec l’IA, notre boulot de Product, c’est de recréer de la stabilité”. L’exemple (impressionnant) du nouveau produit Text-to-Insights de Spotify

💡 Le message clé : Garde-fous, évaluations et confiance dans les outputs sont les 3 nouvelles composantes essentielles des Product Managers

Guillaume Perchais, Sr Product Manager de Spotify présentait un talk très attendu sur leur nouvel outil interne, Vedder. Un cas d’école pour comprendre le nouveau champ de compétences nécessaires aux Product Managers de demain. Clairement niveau Ligue des Champions.

Chez BackMarket, les fonctionnalités IA avant tout au service des OKR stratégiques

💡 Le message clé : “On ne fait pas de l’IA pour suivre à tout prix une techno, on veut juste répondre aux besoins de notre entreprise”

Dans notre ressenti de la journée la semaine dernière, on a pointé l’absence des  considérations financières, sociales et écologiques de l’IA dans les interventions auxquelles nous avons assisté. A l’exception peut-être de celle de Anne-Sophie Lavelle, Head of Product de Back Market, intitulée From Python to Profit.

Comment Lucas Cerdan s’augmente avec l’IA en tant que Product grâce à son “Personal OS” et “Company OS” 

💡 Le message clé : Pour ne pas être le nouveau goulot d’étranglement, les Product Managers doivent augmenter leur productivité et concevoir leur propre “Personal OS”.

Un talk de clôture qui a suscité beaucoup de réactions lors du cocktail de fin. Lucas Cerdan, Principal Product Manager de l’entreprise américaine Samsara, y a présenté sa nouvelle façon de travailler depuis 2 mois depuis un cockpit centralisé sur l’outil Cursor. On croirait de la science-fiction. Mais il s’agit bien d’un “personal OS” en train de passer à l’échelle de l’entreprise. Bienvenue dans le futur ?


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